La première Maison Rose de France ouvre à Bordeaux

Bordeaux : ouverture de la première Maison Rose de France

La Maison rose : un nouvel espace pour vivre au féminin son cancer à Bordeaux. Centrale et ancrée dans la vie, lumineuse au sens propre comme au figuré, voici une île neutre, éloignée du médical et des pesanteurs du quotidien, où chacune peut venir se ressourcer. Conviée au petit-déjeuner de presse qu’organisait l’association Rose à l’occasion de l’ouverture de la première Maison Rose de France, c’est avec enthousiasme que j’ai découvert les actions menées par cette équipe en faveur des femmes touchées par le cancer.  Aujourd’hui, poussons ensemble les portes de la 1ère maison Rose de l’Hexagone.

La Maison rose : un nouveau modèle, 9 rue de Condé à Bordeaux

Une belle adresse bordelaise, entre la blondeur du grand théâtre et la respiration de la place des Quinconces. Centrale et ancrée dans la vie, lumineuse au sens propre comme au figuré, voici une île neutre, éloignée du médical et des pesanteurs du quotidien, où chacune peut venir se ressourcer. Après un premier magazine gratuit lancé en 2011 et distribué à hauteur de 18000 exemplaires dans tous les centres de cancérologie de France, l’association Rose esquisse un nouveau pas dans l’accompagnement des personnes touchées par la maladie, en ouvrant la première structure dédiée aux patients et à leur entourage.

« Un modèle qui ne connaît pas encore d’équivalent dans le monde », confie Céline Dupré, cofondatrice de l’association.

La Maison Rose, c’est une agréable parenthèse dans la difficile trajectoire de celles et ceux qui apprennent chaque jour qu’eux-mêmes ou certains de leurs proches, sont touchés par le cancer (1000 personnes/ jour, en France).

Le leitmotiv principal de ce tout nouveau modèle? Rester femme pendant la maladie et parvenir à réenchanter la vie. La posture même de la structure est intéressante : en marge du médical (tout en proposant des activités hautement contrôlées par un conseil scientifique constitué d’experts), la Maison Rose s’inscrit dans la volonté de prendre soin des patientes dans leur condition de femme. Les aider à ne pas nier leur féminité durant cette période, leur donner la possibilité de trouver dans ce lieu de réconfort des éléments d’informations souvent difficiles à glaner à l’extérieur. Plus que tout, cet espace d’accueil souhaite lisser les inégalités et mettre l’information à la portée de chacune.


Une belle énergie

La Maison Rose se positionne sur le « mieux-vivre » durant la maladie, propose aux femmes des alternatives pour apprivoiser plus sereinement ce moment, leur procure l’accès à la féminité, qui se voit souvent cruellement diminuée durant cette période.

Où trouver une jolie prothèse capillaire ? Comment se procurer de la lingerie, pensée et conçue en tenant compte des changements physiques inhérents aux interventions ? Comment faire garder ses enfants durant la chimiothérapie ? Quels sont les aliments qui combinent saveurs et vertus pour aider son corps à mieux lutter ? Une kyrielle de petites choses qui rendent le quotidien plus agréable. Ce positionnement, volontairement plus léger qu’un axe médical, prend toute son ampleur dans ce moment de vie. La structure même de cette maison a d’ailleurs été entièrement réalisée en co-conception avec les femmes atteintes de la maladie. Pendant plusieurs mois, l’équipe de Rose a pris note des attentes exprimées par les patientes, des possibilités qu’elles espéraient de cette maison, des ateliers qu’elles aimeraient trouver dans ce gynécée des temps modernes, cocon à l’abri de l’adversité.

L’ADN de la maison. De la légèreté….

Pousser les portes de la Maison Rose, c’est pénétrer dans un lieu qui respire le calme et la bienveillance. Démarrés en octobre, les travaux sont à présent achevés et la maison ouvrira ses portes le 1er février. L’entrée y est libre, gratuite, et les visiteuses peuvent y aller et venir à leur gré, selon leurs envies, leur disponibilité et leurs besoins. Qu’elles aient envie de participer à un atelier ou simplement de s’installer dans le salon pour discuter et échanger autour d’un thé, Jenna Boitard, directrice de la structure, les accueillera dans cet espace qu’aucune obligation ne restreint ni ne contraint.

Vaste plateau élégamment subdivisé en plusieurs pôles, la Maison porte bien son nom puisque l’on a l’impression de rentrer chez soi. Mais un « chez-soi » peut-être plus léger, hors de l’intimité familiale parfois lourde d’angoisses, où les questionnements tournent en circuit fermé. Ici, la maison vise à décliner le soutien et la sérénité sous toutes ses formes.

Penderie pour les manteaux, espace bibliothèque et ressources documentaires, salon confortable et cuisine haut de gamme, espace beauté/boudoir, salle de sport, fleurs et plantes vertes….Dans d’élégants tons de beige, de parme et de rose thé, la maison semble flotter hors du temps, dans un halo de lumière tamisée et accueillante.

A partir du 8 février, le 9 rue de Condé proposera un premier chœur d’ateliers ludiques et créatifs, ceux-ci conçus autour de la beauté. Parcours personnalisés, sophrologie, modelage, techniques de respiration, cuisine et nutrition… Ces ateliers sensibles encadrés par des professionnels du paramédical et de la beauté, espèrent apporter aux femmes les connaissances et le bien-être leur permettant de s’abstraire de la maladie durant un temps, et de prendre conscience qu’il importe pendant cette période de prendre soin de soi, du point de vue de l’esthétique et de l’agréable et pas seulement de celui du médical. Refaire connaissance avec son corps, apprivoiser les mutations physiques transitoires pour mieux vivre cette période, ne pas être dans le rejet de soi ni dans le désintéressement, mais porter sur sa personne un regard tendre. Réapprendre des gestes simples, qui bien qu’anodins, permettent de se reconnecter avec son identité de femme.

Le mercredi, pour d’évidentes questions organisationnelles, sera une journée dédiée aux enfants. Les mamans pourront venir accompagnées de leurs bambins, auxquels seront proposés des ateliers de sensibilisation sur l’environnement, la santé, la nutrition. A noter également que cet espace ouvert à toutes l’est également à tous. Les hommes sont évidemment les bienvenus, qu’il s’agisse de patients ou de proches qui souhaitent se renseigner, se documenter ou trouver dans cet espace un lieu de réconfort. La Maison évoluera certainement au gré de son occupation par les visiteuses, de leurs désirs et de leurs nécessités. Le lieu est malléable pour toutes les inventions.

… A l’aide sociale et juridique

Autour de la maison Rose se dessine un modèle de solidarité : financée à 100% par la fondation l’Oréal, dans l’attente de subventions de la mairie de Bordeaux, plusieurs entreprises se sont déjà mobilisées sur le projet en apportant leur soutien par le biais de dons en nature (équipement, fourniture de meubles, produits de beauté, etc).

Outre l’équipe de professionnels qui entoure la communauté Rose en proposant un programme d’activités, l’association investit également le plan pratique. Afin d’aider les patientes à démêler l’écheveau du canevas administratif, Rose informe et apporte son aide dans les démarches d’aides sociales qu’entreprennent les membres de la communauté. L’association se mobilise notamment sur les questions de précarité qu’engendre souvent la maladie.  Life is rose, association périphérique, prend en charge cette précarité et récolte des fonds pour subvenir aux besoins élémentaires de celles et ceux qui ont perdu leur travail, notamment en intervenant dans le paiement des loyers.

La lutte contre l’isolement est l’un des piliers fondateurs de cette association, qui constate au quotidien que le soutien sociétal des malades reste encore faible. Grâce à Rose, la revendication du « droit à l’oubli » – qui suppose l’accès à des ressources financières égales à tout un chacun et lutte contre la discrimination des anciens malades – a porté ses fruits, le projet ayant finalement été voté au Sénat en septembre 2015. L’amendement longtemps attendu stipule dorénavant le « droit à l’oubli », 10 ans après la fin des traitements, pour tous les cancers, quels que soient le diagnostic et la localisation. Une belle avancée sociétale qui permet à tous ceux qui ont connu cette phase difficile, de renouer avec une vie normale, dans le respect de leur vie privée.

Après cette victoire, Rose se positionne en ce moment sur l’épineuse question du retour à l’emploi après la maladie. Les chiffres sont éloquents : une personne sur trois quitte ou perd son travail dans les deux ans suivant le diagnostic. Un nouveau cheval de bataille pour l’association, qui n’en finit pas de prendre à bras le corps l’accompagnement des personnes et de lutter pour leur « mieux-être ».

En savoir plus www.maisonsrose.fr
Contact Maison Rose – 9 rue de Condé – 33 000 Bordeaux
Directrice : Jenna Boitard – 05 40 12 41 20 – moc.e1566976094sorno1566976094siam@1566976094tcatn1566976094oc1566976094

Entrée libre et gratuite du lundi au Vendredi, de 10h à 18h. Accueil personnalisé, ouvert aux proches. Les ateliers sont sur inscription, en ligne ou par téléphone

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